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David Lynch Etrange et insaisissable personnage, homme aux multiples dons artistiques, David Lynch ne laisse personne indifférent. Il dérange, séduit, mais plus que tout autre, il nous pousse à nous interroger.
Ses œuvres ne sont qu’une suite de questions, souvent laissées volontairement sans réponses, comme pour nous amener à la réflexion.
Personnage et artiste protéiforme, on ne s’étonnera guère de trouver chez lui une dominante Lune/Lune Noire. Nous allons voir l'importance de cette double empreinte lunaire à travers sa biographie, sa psychologie et son oeuvre.

I. Thème et dominantes de David Lynch

David Lynch est né  le 20 janvier 1946, à 03H00, à Missoula (Montana)

Carte natal de David Lynch

Les dominantes du thème sont :

La Lune par culmination en M X et en Vierge.
La Lune noire en M I et en Sagittaire.
Vénus conjointe au Soleil en M III et en Capricorne.
Le capricorne, par amas (Soleil, Mercure, Vénus)

II. Biographie Astrologique

David Lynch est l’aîné d’une famille de 3 enfants. Son père était chercheur au Ministère de l’Agriculture (le Soleil en III et en Capricorne représente bien un père intellectuel, un chercheur) et sa mère enseignait les langues à domicile (la Lune en Vierge donne bien l’idée d’une mère versée dans l’éducation, l’apprentissage).

David Lynch est un enfant rêveur, taciturne et solitaire : « J'avais des masses de copains, mais je préférais rester  seul à contempler les insectes qui grouillaient dans le jardin.  » On sent déjà ici le curieux mélange entre la nature purement lunaire qui prédispose aux rêves et au vagabondage imaginatif, la nature Lune noire portée à l’observation et la nature Capricorne qui pousse à la solitude.

Réfractaire aux études (Soleil / Vénus III au double carré de Jupiter), il s’intéresse plutôt aux arts plastiques (discipline lunaire par excellence), s’inscrit à des cours de peinture puis, en 1965, entre à l’Académie des Beaux Arts de Philadelphie. Notons sans surprise qu’Uranus, planète des prises de conscience soudaines et des changements existentiels transite alors sa Lune natal en X et marque donc une sorte de révélation professionnelle, un cap radical dans la carrière. D’ailleurs, Pluton et Neptune stagne aussi alors sur sa Lune, décrivant une configuration astrale d’une force exceptionnelle.

 

Lynch sur son plateau

C’est l’année suivante qu’il réalise son premier court-métrage « Six Figures », puis un second en 1968 « The Alphabet », pur lequel il obtient une bourse de l' « American Film Institute ». Cette aide financière inespérée correspond à un transit de Jupiter sur cette même Lune en X.

Sa véritable carrière dans le 7ème Art ne prend véritablement son essor qu’à la sortie d’ « Eraserhead » en 1977, donnant une nouvelle impulsion à l’histoire du cinéma, et nous faisant découvrir l’univers Lynchien, un univers surréaliste, loin de toute convention de genre. Arrêtons nous sur le ciel du 17 Mars 1977, jour de la sortie américaine de son film : On remarque trois conjonctions rarissimes et très porteuses :
- Saturne (la consécration après effort) conjoint Pluton (maître de l’Ascendant et donc de l’image public). Conjonction ne se produisant qu’une fois tous les 25 ans environs.
- Uranus (les événements indépendants de nous mais aussi le significateur général du cinéma) conjoint à l’Ascendant (conjonction unique dans une vie puisque ne se reproduisant que tous les 84 ans environ !)
- Le Nœud Nord (le destin) sur Jupiter (l’expansion, la réussite), une conjonction encore assez rare puisque ne revenant que tous les 20 ans.
A n’en pas douter, les astres se coalisent donc bien à ce moment pour propulser Lynch dans la sphère très sélective des « grands réalisateurs ».

David Lynch ne cessera d’enchaîner ensuite les réalisations avec, notamment, le célèbre « Eléphant Man », en hommage au réalisateur Tod Browning et qui remportera le premier prix du Festival d’Avoriaz en 1981 (lors du transit du Nœud Nord sur Pluton et de Jupiter/Saturne sur Neptune)

Puis, viendront « Dune » (tiré d’un roman de Franck Herbert), « Blue Velvet », l’histoire d’une enquête étrange dans un monde sordide et pervers, « Sailor et Lula », retraçant le parcours de personnages hors normes multipliant les rencontres inquiétantes et dangereuses, « Lost Highway », véritable voyage dans le monde du rêve et de la schizophrénie ou « Mulholland Drive » , ovni cinématographique entre conscience et inconscience.
Toutes ses réalisations n’empêchent pas David Lynch de mener d’autres activités parallèles telle que l’écriture de chansons (que l’on retrouve dans certains de ses films et dans son thème par un semi-sextile exacte en Neptune et la Lune), la peinture qu’il n’a jamais abandonnée (La peinture est un art très lunaire et ses tableaux sont exposés dans les plus grandes galeries New-Yorkaises) et la bande dessinée qu’il créée pour un petit hebdomadaire de Los Angeles (et qui est une autre activité lunaire).

III. La Psychologie Lynchéenne et les astres

A. La Lune, Le Scorpion, la Lune noire et Vénus

La Lune, en première dominante du thème, n’est pas si surprenante pour un personnage comme David Lynch. Certes, on aurait pu s’attendre à une planète plus « torturée » (on pense à Pluton) en culmination dans son thème, mais ceci en reviendrait à méconnaître les effets de la Lune.
Cette culmination Lunaire est synonyme d’émotions profondes, d’une extrême sensibilité aux sentiments d’autrui et au besoin de dénoncer, d’une manière ou d’une autre, toute forme d’intolérance.
En M X, David Lynch a su traduire et transmettre cette sensibilité, cette imagination fertile et ce combat contre l’exclusion par l’intermédiaire de sa carrière, par le biais de ses films  (Eléphant Man entre autres). La position en Vierge précise qu’il possède un esprit méthodique et une créativité de longue haleine. C’est un « perfectionniste de l’émotion »

L’Ascendant en Scorpion paraît, forcément, plus évident puisqu’il reflète un esprit (ainsi qu’un aspect physique) secret et sombre, dans tous les sens du terme. On a là l’indice d’une personnalité profonde.
Cet Ascendant en Scorpion transparaît dans la plupart de ses films, au travers des sujets abordés comme de la façon de le faire: la dimension sexuelle et occulte est toujours prédominante, les films de Lynch nous parlant de désir, d’instinct, de peur, de fascination…
A noter que le trigone avec Mars conjoint à Saturne en M VIII ne fait qu’accentuer une personnalité aux convictions courageuses, prête à fournir les efforts et la discipline nécessaires pour affirmer ses idées même si celles-ci sont hors normes.
Au négatif, Saturne en M VIII signifie également la peur du changement, quel qu’il soit, et donc un besoin d’exorciser cette peur par n’importe quels moyens (par la réalisation cinématographique dans le cas de Lynch).
Les détracteurs de Lynch lui reprochent d’ailleurs souvent d’être un obsessionnel, tempérament commun à toute personne ayant Mars conjoint Saturne en Cancer et en VIII (on retrouve par exemple cette configuration chez Jules Romains qui passa sa vie a rédigé une fresque unique en 27 volumes !) ; On peut donc en effet dire de Lynch qu’il a bien souvent (et surtout depuis quelques années) décliner les mêmes idées sur des modes différents.

 

L'amour de la caméra

 

La Lune Noire en Sagittaire dénote un caractère entier, une recherche d’absolu et un refus de toute limitation.
En M I, elle correspond, une fois encore, à une personne secrète qui ne souhaite pas qu’on parle d’elle et qui préfère réfléchir, seule, à sa condition.
D’ailleurs, il n’est pas rare que cette position de la lune noire mène à des questionnements métaphysiques, psychologiques ou même psychiatriques. Elle est souvent l’indice d’une personnalité à la fois fort pénétrante mais aussi problématique, torturée.

La position de Vénus conjointe au Soleil, en M III et en Capricorne donne, finalement, la dynamique générale des autres dominantes du thème.
Elle représente la face profondément humaine du réalisateur, l’intérêt pour l’art (le Soleil), le dialogue (M III) ainsi qu’une certaine modération dans la façon de penser (Capricorne).  
Par cette position, David Lynch parvient à équilibrer son coté « noir » puisque cette Vénus dominante incite au partage dans la création (le Soleil).
A noter que le carré exact de Vénus avec Jupiter incline à des talents créatifs (en matière d’échappatoire à une tentation de vie « facile »).

B. Pluton et le Nœud Nord

Pluton en Lion et en M IX

Même si cette position n’est pas dominante, elle possède un réel impact sur la personnalité de David Lynch car l’ascendant Scorpion met en valeur Pluton.
Elle dénote, à la fois, un désir intense d’apprendre et de comprendre les idées profondes, d’investiguer jusqu’à ce que le mystère soit résolu, de fouiller sans vergogne les sujets les plus sombres et personnels de l’existence, tels que la mort, la sexualité, la douleur.
Pluton en cette position, c’est aussi tout à la fois l’indice d’une opinion solide qu’on veut transmettre et aussi de fréquentes remises en question philosophiques.
Le sextile de Pluton à Neptune (en Balance et en M XI) indique, plus que tout autre aspect, cette intuition pleine de lucidité qui dit que toute chose doit mourir ou se transformer pour mieux renaître.

Nœud Nord En Gémeaux et en M VIII

Cette configuration confirme l’attrait concernant les questions occultes, les mystères de l’inconscient, tout ce qui fait qu’une personne s’interroge sur les énigmes de la vie, tout en ayant le désir de les partager avec les autres (Gémeaux). Les facultés cérébrales mercuriennes semblent être toutes entières projetées dans les domaines de recherche propre à la maison VIII : la douleur, la monstruosité, la sexualité, l’inconscient, les choses secrètes, cachées et tabous.
Notons que la position du Nœud Sud en Sagittaire et II laisse à penser que Lynch, dans sa vie précédente, fut une sorte de potentat du conformisme, un idéologue réactionnaire ayant assis sa richesse et son pouvoir sur de grandes idées, certes, mais des idées toutes faites. On peut donc constater que Lynch a parfaitement accompli sa destinée actuelle en acquérant cette fois notoriété et argent par une grande originalité de pensée.

C. Mulholland Drive, l’œuvre lunaire par excellence

Difficile d’analyser un tel film, sorte d’apologie du rêve et de la femme. Car c’est bien ici ce que l’on veut souligner : la femme est bien sûr le symbole par excellence de la Lune comme de la Lune noire. Femme maternelle, douce, sensuelle pour la Lune, femme castratrice, sulfureuse, inaccessible avec la Lune noire. On retrouve cette image complexe de la femme, des femmes dans Mulholland Drive à travers les deux héroïnes, Rita la brune et Betty la blonde qui, au cour du film, intervertissent leurs noms et leurs identités à travers un film à la trame onirique.
Laissons la parole à Jean-François Rauger, critique pour Le Monde :

« Lynch invente une élasticité des lieux, des temps, des expériences, des identités, qui loin de n'obéir qu'à une gratuité au terme de laquelle tout serait possible, met à nu un refoulé insane. Mulholland Drive est ainsi un voyage d'une rigueur parfaite dans la psyché féminine, suite logique en cela des interrogations de Lost Highway constatant, on s'en souvient, une impossible fusion des hommes et des femmes.  »

Mots lunaires : élasticité, identités, psyché féminine
Mots  de la Lune noire : Met à nu, refoulé insane, rigueur parfaite, interrogations, impossible fusion des hommes et des femmes.

Et Laurent Robert de dire de son côté :

« lumières hypnotiques, corps de rêve, ses atours dégagent en superficie une sensualité exacerbée que l'on pressent pourtant vite être dangereuse.  »

Mots lunaires : Hypnotiques, rêve, atours
Mots Lune noire : sensualité exacerbée, dangereuse.

IV. Conclusion et citations

Est-il possible d’apporter une quelconque conclusion à la description d’un personnage tel que Lynch ?
Il est l’être insaisissable par excellence, mais bel et bien « humain », dans sa façon d’agir ou de penser, dans la démonstration de son art, dans sa capacité à transmettre ses propres idées, ses peurs, sa conception de la vie. Et ce portrait correspond aussi parfaitement au lunaire qu’il est.
Tous ces sentiments sont vécus, par lui, d’une manière profonde et intense, doublés d’une facilité à les mettre en évidence au travers de ses réalisations : une façon comme une autre de soigner ses phobies, de vaincre ses peurs.
Son génie réside dans sa faculté de mêler le rêve (la Lune) à ses craintes (la Lune Noire) ainsi qu’à ses interrogations d’ordre existentiel (le Scorpion) et à son amour, au final profond, de l’Autre (Vénus).

Citations

(Les mots accentués sont typiques de la position astrologique envisagée) :

Lune culminante

« Tous les films sont des rêves, mais certains, un peu plus que d'autres ». « J'aime faire des films parce que j'aime voyager dans un autre monde. J'aime me perdre dans un autre monde. Et un film pour moi est un support magique, qui fait rêver. . . qui nous permet de rêver dans le noir. C'est juste fantastique, dans se perdre dans le monde des films.  » (Le lunaire étant avant tout l’être du rêve et de la fantasmagorie, il est évident qu’un réalisateur lunaire ne peut définir autrement son art)

« Dans ma tête d'enfant, tout paraissait sereinement beau. Des avions passaient lentement dans le ciel, des jouets en caoutchouc flottaient sur l'eau, les repas semblaient durer cinq ans, et la sieste paraissait infinie ». (L’enfance, le sommeil et la nourriture sont les valeurs cardinales de la Lune)

« J'apprécie l'accessibilité de la télévision. Les gens sont dans leurs meubles, personne ne les dérange, ils sont au mieux pour entrer dans un rêve.  » (Confort et vagabondage de l’imaginaire…)

 

 

Entre Lune et Lune noire

Entre Lune et Lune noire

 

Lune noire en I

« Le monde contemporain n'est peut-être pas exactement l'endroit le plus brillant l'on puisse rêver de vivre. C'est une espèce d'étrange carnaval. il y apas mal de douleur mais qui peut-être assez drôle aussi.  » ; « L'absurde est ce que j'aime le plus dans la vie »(Cette perception ironique de la laideur des choses est typique à la Lune noire en I)

« Ce qui effraie le plus, ce n'est pas la réalité, mais ce qu'on imagine qu'elle cache. On ignore ce qui se cache dans l'obscurité. »(On a ici un beau résumé de l’imaginaire morbide de la Lune noire dominante)

 

Tous droits réservés Philippe REGNICOLI
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