Accueil > La rétrogradation

La rétrogradation

Image | Difficulté 4 | Le phénomène de rétrogradation, c'est-à-dire de recul apparent d’une planète dans son mouvement céleste, a été sous-estimé durant des siècles. Depuis une vingtaine d’année pourtant, et parce que de plus en plus d’astrologues conçoivent les transits sous leur angle dynamique, la question de la signification des rétrogradations s’est posée de façon pressante et, grâce aux recherches de quelques un(e)s et à l’apport de l’astrologie karmique, nous pouvons désormais apporter quelques réponses. Nous expliquerons d'abord ce qu'est la conception dynamique de l'astrologie puis nous verrons ce qu'est exactement la rétrogradation et comment l'interpréter.


I. La vision dynamique

Il est tout d’abord indispensable d’expliquer ce que signifie la phrase « concevoir les transits sous leur angle dynamique ».
Au fil de l’histoire, la pratique de l’astrologie fut influencée par la pensée mathématique et rationaliste. Le thème natal devient peu à peu un système, une sorte de mécanique constituée d’éléments prédéterminés qui, selon leurs dispositions, entraînaient tel ou tel schéma. La géométrie commença à prévaloir sur l’intuition dans le sens où l’astrologue, au lieu d’essayer de comprendre l’ensemble du thème dans une pensée intuitive, se contenta de disséquer celui-ci, partie par partie, en appliquant une série de règles strictes. C’est ainsi que l’on perdit le sens de la dynamique, puisque le thème devenait un instantané figé du ciel à un moment donné et que l’on se contentait d’étudier froidement les positions et aspects présents, instaurant au fil du temps des normes de plus en plus rigides (du type : un aspect de carré fait 90°, avec plus ou moins 08° d’orbe, il est forcément néfaste entre telle ou telle planète et forcément positif entre telle et telle autre…etc).
Bref, on essaya de codifier de façon purement formelle et rationnelle de l’humain, ce qui, a priori, ne pouvait guère amener qu’à la caricature. On adopta donc une vision statique de l’astrologie, oubliant toute possibilité d’évolution ou de transcendance, édictant des principes rigoureux et compilant des données statistiques.

 

Chromosomes

Les gènes: l'expression scientifique du thème

 

Toutefois, on oublia au passage que l’être humain est profondément lié à l’univers et que sa naissance, à un moment X, correspond à cette insertion, à cette participation à l’univers.
Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que l’être humain, au moment de son premier souffle, est imprégné par la tonalité astrale du moment mais qu’il n’est pas conditionné par elle. La nuance est en effet de taille puisque il est essentiel de distinguer une influence, aussi forte soit-elle, d’une programmation pure et simple. C’est dans ce subtil distingo que se cache l’idée de libre-arbitre et de possibilité d’évolution.
On pourra penser qu’on traite là plutôt de l’éternel débat inné / acquis et que cela n’a pas grand-chose à voir avec la notion de transits et, par delà, de rétrogradation.
Pourtant, les deux sujets sont intimement liés puisque que la condition essentielle pour redonner un sens à un thème est de concevoir ce dernier comme un processus dynamique, une impulsion initiale, et non comme un conditionnement définitif.

Cela a plusieurs conséquences. En premier lieu, on retrouvera un intérêt certain à étudier le mouvement des corps célestes en tant que tel car ce mouvement, par ses accélérations et décélérations, par ses passages d’un signe à un autre et aussi par ses rétrogradations, possède une signification universelle propre qu’il faut comprendre avant de pouvoir tenter de l’appliquer à un individu.
Ainsi, il est plus important, en amont, de comprendre le sens général d’un carré Jupiter/Saturne (participant lui-même au cycle tout entier des deux planètes commençant et finissant par une conjonction en passant par une opposition, des trigones, sextiles et autres carrés) que d’essayer d’établir une liste de signification de cet aspect.
Cela signifie aussi que toute planète de notre système solaire participe à la grande horlogerie universelle et cela, quelque soit sa position au moment envisagé.
On comprendra dès lors que même si certaines distances entre les planètes (les fameux aspects) s’avèrent plus parlantes, les planètes ont toujours une signification selon leur répartition.

 

Planète en rétrogradation

 

Prenons un exemple : si le Soleil et Uranus se trouvent séparés de 160°, un manuel classique d’astrologie nous dira qu’il n’existe pas d’aspect entre ces planètes puisque le quinconce est acceptable entre 148 et 152° et que l’opposition se fait entre, soyons large, 170 et 190°.Donc, aucun aspect entre 153 et 169° degrés d’écart. Aussi, on estimera, à tort, que les deux planètes n’ont aucun dialogue entre elles, aucune incidence l’une par rapport à l’autre.
Maintenant, envisageons la situation sous son angle dynamique. Le Soleil (puisque c’est la planète la plus rapide des deux) a quitté depuis quelques jours (une huitaine étant donné le pas journalier d’un degré du soleil) le quinconce avec Uranus. Il atteindra l’opposition dans une dizaine ou une douzaine de jours. Toutefois, et c’est important, on doit bien comprendre qu’un aspect ne naît pas ex nihilo.
Un aspect se prépare lentement, s’amorce, se forme, devient exact, se déforme, se sépare, se distend puis se transforme pour se préparer à faire l’aspect suivant. Ainsi, dans notre exemple, il faut envisager que le Soleil et Uranus sont entre le quinconce et l’opposition, sans qu’aucun de ces deux aspects ne soit efficient. Pourtant, cela a bel et bien une signification qui rejaillira sur le plan mental si une naissance se produit lors de cette configuration astrale spécifique.
Si on admet donc que le quinconce se traduit par la nécessité de rectifier l’entente de deux énergies planétaires et que l’opposition réclame de trouver le juste équilibre entre ces deux mêmes énergies, on aboutit sans grande difficulté à concevoir l’aspect intermédiaire : le travail de rectification a déjà été fait mais pas encore celui de rééquilibrage. Si le natif veut donc évoluer en maîtrisant plus harmonieusement les forces soli-uraniennes, il devra, de son propre chef (puisque aucun aspect majeur n’existe) provoquer une situation semblable à l’opposition, qu’il cherchera ensuite à résoudre, se dépassant ainsi lui-même mais dépassant de surcroît le message des astres.
C’est évidemment l’apanage des sages qui, en quelques sortes, anticipent leurs devenirs. Toutefois, cela signifie aussi que, dans n’importe quel thème, il existera toujours un rapport entre deux planètes quelconques et que si l’astrologue cherche une information précise (dans le cas Soleil/Uranus par exemple, ce serait le potentiel de créativité technique), il devra tenir compte de la position des planètes entres elles, mêmes si elles ne forment pas d’aspects majeurs.