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Nous parlons volontiers de nos « démons intérieurs » pour qualifier la part de ténèbre qui réside en chacun de nous, dont nous avons plus ou moins conscience et que nous laissons plus ou moins s’exprimer au détriment d’autrui et de notre propre évolution. L’expression « chacun sa croix » nous ramène également à cette notion de diables personnels puisque si on peut dire cela d’événements extérieurs désagréables, nous pouvons aussi envisager la maxime comme soulignant que chacun à ses handicaps, ses tares, lourdes à porter sur le chemin de l’élévation de l’âme. Voyons comment ce symbolisme peut se retrouver dans les douze signes du zodiaque. C’est ainsi que, loin de toute notion d’exorcisme, nous allons découvrir ce qui pourrait être nommé Zodiaque démoniaque.
I. Démonologie et astrologie Essayons d’abord de définir, en terme ésotérique plus que théologique, ce qu’est le Diable. Le Diable, c’est l’erreur, l’ignorance, le mensonge, la tromperie, l’avidité, l’injustice… Astrologiquement, c’est donc l’influence la plus négative, la plus pernicieuse des planètes qui se retournent contre leurs possesseurs ou contre son environnement et exercent sur le monde une influence régressive. Ainsi, le coté diabolique d’un signe et le coté positif, angélique ou encore divin de ce même signe procède en fait d’une même énergie : il existe à la base une fonction (pour Mercure par exemple, une fonction de dispersion) qui peut être reçue avec bénéfice (ouverture sur le monde) ou être utilisée à mauvais escient (manipulation, mensonge, inconstructivité…). Nous avons d’ailleurs vu dans notre rubrique Zodiaque, que chaque signe pouvait tendre à agir harmonieusement ou négativement (voir les Portraits au vitriol). Toutefois, comme le synthétise parfaitement le symbole du Tao, le mal, la nuit, le mauvais est indissociable et nécessaire au bien et à la lumière. Kingford, écrivain catholique s’il en est, n’hésite pas à dire « Satan est l’ombre du Seigneur ! » car il ne peut exister de mal s’il n’existe pas de bien et vice-versa. Conception qu’on retrouve également dans le zoroastrisme.  Il faut donc bien comprendre que le mal participe au bien mais n’existe pas en soi : le mal est une perversion, une corruption du bien. Défauts, vices et dévergondages ne sont donc que les résultats de la mauvaise utilisation de forces à la base parfaitement neutres. On touche ici à la notion de libre-arbitre : l’homme reçoit un certain nombre d’influx qui vont filtrer à travers lui, à travers sa personnalité et sa conscience. Certains de ces influx seront restitués pour le bonheur de tous, d’autres, travesties par l’égoïsme, la primarité ou l’ignorance deviendront cause de malheur pour l’individu ou son entourage. Barlet, dans Les génies planétaires, déclare à ce sujet : « Le mal est la conséquence fatale du refus de la créature libre, mais limitée, d’accepter le plan cosmique ». C’est toutefois les catholiques, soucieux d’imposer le Dieu unique et de diaboliser tout autre croyance qui, les premiers, commencèrent à répandre l’idée que les planètes idolâtrées par la civilisation de la Rome antique (Mars, Jupiter etc…) n’étaient rien d’autres que des démons malfaisants. En parallèle, ils pillent allégrement la tradition astrologique en réinterprétant les mythes fondateurs afin de les intégrer à leur propre culte : C’est ainsi que l’Archange Michel par exemple prend les attributs du Soleil ou que Barnabé absorbe les qualités les plus prégnantes de Jupiter. Ce travail d’absorption/diabolisation du catholicisme se retrouve d’ailleurs partout où celui-ci s’est imposé : les divinités égyptiennes sont par exemple elles aussi rendues démoniaques tandis que l’apparence encore actuellement donnée au Diable est celle de Pan, ex dieu de la fertilité jouissant d’une grande popularité dans le monde gréco-romain. |