III. Du garçon à l’homme Aristote, dans « Métaphysique », déclare : « c’est principalement l’homme qui engendre l’homme ». Point de vue culturel qui n’a pas été démenti par la génétique puisque c’est, en effet, le spermatozoïde fécondant qui va déterminer le sexe de l’enfant, selon qu’il est porteur d’un chromosome X (fille) ou Y (garçon). L’ovule est, quant à lui, obligatoirement, X. C’est donc bien, d’une manière paradoxale, l’homme qui engendre l’homme biologiquement, mais aussi psychologiquement, puisque si, l’adolescente devient naturellement « femme » à l’arrivée de ses premières menstruations, la limite entre adolescent et homme est plus difficilement cernable. Certes, on peut se baser sur les « premiers poils de barbe » ou les premières éjaculations mais, tout psychologue sait bien que ces phénomènes dérivés ne suffisent pas au jeune homme pour devenir homme, simplement.  La masculinité se gagne, répétons-le, au terme d’un combat visant à se faire reconnaître en tant qu’homme, ce qui sous-entend d’agir comme tel et non simplement de l’être. On retrouve le parallélisme étroit entre virilité et activité (Mars). Les tribus du monde entier ont compris cela, puisqu’elles ont, de tout temps, mis naturellement en place des rites d’initiation plus ou moins violents mais dont l’utilité était indéniable : le garçon, par une épreuve publique, se faisait officiellement reconnaître par ses pairs et devenait, ainsi, un homme. Ces rites ont, d’ailleurs, été perpétués dans nos civilisations mais, de manière plus atténuée, par le biais du service militaire ou, de façon plus pervertie, par le bizutage. IV. L’étape homosexuelle Notons qu’en tous temps et en tous lieux et, bien que ce fait ait tendance, à être occulté de nos jours, l’homosexualité était considérée comme le meilleur moyen de viriliser (Grèce Antique, Scandinavie, samouraïs au Japon, tribus d’Afrique…). L’homosexualité de nos jours est reconnue par les psychiatres comme une étape transitoire et nécessaire vers l’hétérosexualité, n’affectant en rien celle-ci (E. James Anthony). Par ailleurs, la ségrégation sexuelle que l’on trouve chez le jeune enfant, puis chez le pré-pubère (relations unisexes) découle directement de ce besoin de l’autre en tant que miroir. La vie de groupe unisexe (bande, équipe) est nécessaire chez les deux sexes, mais plus encore chez le jeune homme qui a besoin d’enfreindre les règles maternelles symboliques (bienséance, paix, calme, douceur...) pour s’en détacher. Il n’est d’ailleurs pas rare que, faute de père (défaillant ou absent), le jeune homme cherche le modèle viril à travers le groupe (d’autant que tout groupe a un leader sur lequel on prendra modèle). Notons toutefois que ce glissement entre l’image père et l’image groupe mâle tend à vicier la notion d’amitié entre hommes car, dès lors, l’homme voit en l’autre homme un rival (sentiment qui devrait normalement être limité au père) avec qui il sera toujours en compétition et ne voudra pas établir de relations intimes (qui mettraient à jour ses faiblesses). On est ici dans le cadre d’un glissement entre les valeurs vénusiennes (la maison VII, les autres, en analogie avec Vénus) et les valeurs martiennes (soi, son identité, la maison I) qui met parfaitement en valeur l’équilibre social à trouver pour chacun dans l’axe I/VII. Si cette étape est nécessaire, notons que c’est précisément en la quittant que l’homme devient homme : quand l’adolescent préfère la présence de sa petite amie à celle de ses copains et bien qu’il soit galvaudé et raillé par ces derniers, c’est souvent qu’il est devenu un homme. En parallèle, celui qui passe de l’homosexualité culturelle à l’homosexualité pratiquée est ravalé au rang de « femme ». Il n’est pas difficile à comprendre que l’homophobie procède simplement de la difficulté à être homme et que les homophobes sont ceux qui doutent le plus de leur virilité personnelle (ils s’affirment en rejetant l’autre, par réaction et opposition). L’homophobie est donc liée à la peur, au conservatisme (Saturne, second Maître de la Balance et de la maison VII). Cette homophobie rajoute d’ailleurs encore à la difficulté de l’amitié entre hommes (difficulté à séparer l’amitié de l’intimité et donc, l’homosexualité de l’amitié). Il est important de relever que l’homosexualité et l’amitié comme la vie de groupe sont trois concepts uraniens et que c’est en étudiant la qualité d’Uranus en thème que l’on parviendra à présager des difficultés éventuelles rencontrées lors du passage de l’adolescence unisexuée à la post-adolescence sexuée. Par voie de conséquence, la difficulté à accepter ses propres tendances homosexuelles, pourtant naturelles, entraîne la difficulté à avoir des amis du même sexe et à se fondre dans la communauté, à travailler pour elle : cas des natifs ayant un uranus fort dissonant. Par delà, on notera que l’étape homosexuelle mal vécue a des répercutions directs sur le rapport père/fils puisque le père, auto conditionné à craindre l’intimité entre hommes, sera froid ou même dur avec son fils. Ce cas de figure fréquent fait boule de neige puisque l’enfant sera élevé avec des valeurs homophobes inconscientes. V. Quel homme devenir ? Deux écueils sont possibles : soit, rejeter sa part féminine (son anima, symbolisé par les planètes Vénus et Lune) ce qui engendre le « macho » dur et inhibé, soit féminiser sa virilité, ce qui engendre l’homme faible, renonçant au pouvoir et à ses ambitions (et sclérosant ses valeurs solaires et martiennes, son animus). C’est entre ce « super mâle » et ce « sous-mâle » que se situe, bien sûr, l’homme, décomplexé, bien dans sa peau et dans son sexe. L’excès, comme la carence de virilité sont évidemment dangereuses à bien des égards. Si l’excès incline naturellement à toute sorte de violence (manifestation outrancière de la virilité, excès martiens), la carence amène à la confusion et à la désorganisation mentale (excès lunaires, parfois teinté en plus par Neptune).  De manière générale, les partisans de l’un ou l’autre de ces états, font l’erreur de penser qu’il y a des caractéristiques propres à chaque sexe. Pourtant, les hommes comme les femmes ressentent les mêmes besoins : aimer et être aimé (soleil), communiquer (Mercure), agir sur le monde (Jupiter), croire (Neptune), évoluer (Pluton), et cela est très logique en astrologie puisque le thème d’un homme et celui d’une femme comportent exactement les mêmes facteurs astrologiques. Les limites des sexes On peut tout de même se demander quelles sont les limites de l’identité de l’homme et de la femme, puisque la nature a jugé bon de créer deux genres distincts.  L’homme et la femme ne peuvent véritablement se définir par opposition car cela reviendrait à nier leurs points communs en accentuant leurs différences. L’homme et la femme ne peuvent pas plus être définis de façon globale car cela en viendrait, cette fois, à nier les différences existantes entre chaque individu du même groupe sexuel. Force est de constater que l’on doit donc uniquement déterminer l’individu en tant qu’entité particulière et unique, ce qui est le fondement de l’astrologie. Car un thème est comparable à un visage : il peut présenter des ressemblances mais comporte toujours des variations subtiles d’un individu à l’autre (sauf cas de jumeaux astraux comparable, physiquement à des sosies). Je suis d’ailleurs persuadé que l’astrologie découvrira encore de nouveaux facteurs pour personnifier davantage les thèmes et que, dans un futur proche, un thème astrologique sera tout aussi unique et personnel que des empreintes digitales. L’évolution individuelle Jung a insisté sur l’évolution mentale au cours de la vie (notamment, la crise de la trentaine avec le retour de Saturne sur lui-même, puis, celle de la quarantaine avec l’opposition d’Uranus à lui-même…) et John Moreland déclare que c’est seulement à mis parcours l’on devient adulte, c'est-à-dire un individu clairement dissocié de l’influence environnementale existante et apte à affirmer des caractères propres ou innovants. Les transits astrologiques entrent parfaitement dans le cadre de ces différentes possibilités d’évolution (de cet « impermanence de l’être » dont nous parle les bouddhistes) et sont très clairs vis-à-vis des grandes « phases sexuelles » (Les différents aspects de Pluton). « Etre un homme » ou « être une femme » sont donc des phrases qui ne veulent pas dire grand-chose car on devient au final ce que l’on veut bien être et peu importe si cette évolution se fait dans la peau d’un homme ou d’une femme. L’humanité a un certain nombre de vertus lui appartenant quelque soit le sexe envisagé. C’est au final à chacun de devenir…humain. |