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Salvador DaliOn trouve d'abord dans la personnalité et l’œuvre de Dali des valeurs lunaires communes à de nombreux peintres puisqu'en rapport avec les rêves, la nostalgie et l'obsession). Cela n’est guère étonnant dans le sens où le thème du peintre espagnol est bel et bien fortement marqué par l’astre nocturne (Lune dominante par culmination, ascendant Cancer). Le « cas Dali », un Taureau ascendant Cancer, échappe toutefois à toute simplification : à personnage exceptionnel, thème exceptionnel !

Il est important ici de traiter aux moins deux configurations aussi complexes que dissonantes. Avant de les mettre en rapport avec le vécu du natif, citons celles-ci et donnons-en l’interprétation théorique:

- d’un côté, l’amas en Taureau (son signe solaire) au carré de Saturne en maison VIII : Conflit entre conformisme et affirmation du Moi, quête pour trouver son être profond et des idéaux personnels auxquels s’identifier. Agressivité difficile à contrôler et explosant violemment. Boulimie intellectuelle et matérielle avec risque de confusion entre ce que l’on est et ce que l’on a.

- de l’autre, la Lune au double carré d’Uranus et de Neptune : Refus du réel, confusion mentale, difficultés à organiser ses fantasmes. Difficulté à trouver la juste place de la raison (moteur de l’ambition) auprès de la sensibilité (vécue comme un handicap), d’où des conduites excessives et provocatrices, outrepassant les limites dans le but final de se définir.

 

Thème natal à la Salvador Dali

I. La dialectique de Castor et Pollux

Dans ses Pensées et anecdotes (1), Dali, parlant de son frère dit « Il est mon dieu obscur, car nous sommes, lui et moi, Pollux et Castor ; moi Pollux, le frère immortel ; et lui le frère mortel. Je l’assassine régulièrement car il faut que le divin Dali n’ait rien de commun avec cet être jadis terrestre ».
Cette déclaration, noyée dans des réflexions plus ou moins importantes mérite toute notre attention et quelques explications.

A sa naissance, le petit Salvator parait partir avec tous les atouts : issu d’une famille de notable (son père est notaire), ses parents l’aiment...et même l’adorent (il sera typiquement élevé comme un « enfant-roi » et gardera toute sa vie des réflexes d’enfant gâté).
Pourquoi toutefois un amour si démesuré ? La réponse, c’est une lourde épreuve familiale : le frère aîné du futur génie, également nommé Salvator, est mort quelques mois auparavant. Et l’attribution du prénom du défunt au nouveau né ainsi que l’idolâtrie dont on l’entourera rendent une chose évidente : Dali est un enfant de substitution. Il n’est pas perçu comme un « individu à part entière ».

« Les psychologues ont clairement décrit ce qui se passe quand une mère (…) ne parvenant pas à faire le travail du deuil, décide dans l’urgence (…) d’en faire un autre (…) il s’agit d’un enfant de remplacement qui sera prénommé comme le mort (…) révélant par ce choix la mission fantasmatique qui lui est attribuée. (…) il est mis au monde afin d’être aimé à la place de celui qui n’est plus. » (2)

Or, tout au long de sa vie, la principale problématique de Dali sera…d’être Dali ! (3), d’être un individu à part, exceptionnel, différencié.
Ce que le thème laisse envisager, un profond conflit d’affirmation de soi par le carré Soleil/Saturne, des problèmes familiaux liés à la dissonance lunaire ou à Saturne en VIII carré Mercure (mort, fratrie), semble s’actualiser ici en coïncidant avec ce drame initial. Le développement de l’enfant Dali en sera fortement conditionné ce qui l’amènera, par compensation, à cultiver l’excentricité la plus absolue pour revendiquer l’individualité dont il se sentit très tôt privé.

 

Le jeu lugubre - Dali

II. L’Ogre Dali

Le principe de construction personnelle de Dali repose sur la notion d’ingestion et d’assimilation : tel le bovidé ruminant dans nos prés, ce natif du Taureau, s’est « nourri », a grossi et grandi au fil de ses rencontres intellectuelles (livres, œuvres) ou réelles (fréquentations).

Il « dévore » littéralement la culture comme les gens (Henry-François Rey l’appelle le Minotaure Dali) et son évolution peut être perçue à travers les lieux où il a vécu et qu’il a agrégés en lui (Cadaquès et Port Lligat), les lectures qu’il a digérées, les personnes qu’il a phagocytées, les mouvements qu’il a intégrés (à commencer par le surréalisme : il rejoint ce courant et en devient bientôt l’artiste le plus représentatif).

Dali hait « sous toutes ces formes la simplicité » (1). Dans son thème, Mercure (l’intellect), le Soleil (le Moi) et Mars (le mode d’action) sont en Taureau, signe par excellence de l’ingestion et de la rumination. Cela veut-il dire que sa personnalité n’est qu’un montage hétéroclite d’influences diverses ? Nullement. Le Taureau est aussi un signe dit fixe réputé pour son entêtement : « Tout me modifie mais rien ne me change » déclara-t-il (1) et on le croit volontiers puisque Dali attend que passe à sa portée sa pâture, l’avale, le déglutit, la digère et en fait sa propre substance. (5).

Une brève étude du champs lexical utilisé dans les dix premières pages de son autobiographie (10) évoque une personnalité agissant à la façon d’un estomac : pas moins de soixante six mots liés littéralement ou métaphoriquement à la gastronomie sont utilisés (11) par l’artiste qui dit avoir voulu devenir cuisinier et parle de « peinture gustative ». Robert Descharnes le qualifie d’ailleurs de cannibale de la connaissance (1).

Le modus vivandi Dali ? : assimiler tout ce qu’il peut d’une matière, d’une idée, d’une personne puis la rejetter tel un fruit pressé après en avoir extirpé la substance et l’avoir transformée selon son goût. Cela est vrai au tant au niveau intellectuel que philosophique voire même spirituel: Dali déclare « Tout comme je m’étais appliqué à devenir un parfait athée en lisant les livres de mon père, je fus un étudiant ès surréalisme si consciencieux que rapidement je devins le seul surréaliste intégral » (6) ou encore parlant de l’importance de l’influence dans l’inspiration « je l’avale, je la modifie et il en naît tout le contraire » (5).

 

Girafe en feu

III. S’imprégner, digérer, évoluer

Cinq de ces rencontres/assimilations au moins s’avèrent indispensables pour une bonne compréhension du personnage car chacune d’elle lui a permis de développer un peu plus son monde intérieur et d’actualiser les potentiels de son thème astrologique:

Tout d’abord, son amitié avec le doux poète Federico Garcia Lorca et le sulfureux réalisateur Luis Buñuel. Si le premier est sans doute seulement un ami sincère, le second fait partie des rencontres transformatrices qui ont jalonnées le cours de l’existence de Dali puisqu’elle éveille en lui le désir de révolte, de contestation, et surtout de provocation. Peu étonnant lorsqu’on constate que leurs thèmes présentent une forte dissonance sur le Soleil, lequel représente l’autorité et le Moi, la place et le pouvoir que l’on revendique socialement. En collaborant avec Buñuel au détonant Chien andalou (7), Dali trouve la voie qui le mènera au succès, celle de la dérision contestataire et du défi aux limites conventionnelles.

Vient ensuite son ingestion de l’interprétation des rêves de Freud: ce livre, lui ouvre tout un monde caché, fait résonner sa fibre lunaire et Neptunienne  en lui révélant l’existence de l’inconscient.  Mais surtout il lui donne la clef, par une méthode rationnelle taurine (Freud était aussi très marqué par ce signe !), pour explorer les zones obscures de la psyché tout en gardant le contrôle, la maîtrise, l’ancrage terrestre nécessaire.

Puis c’est, bien sûr,  sa rencontre avec les surréalistes. On peut ici se demander toutefois qui rencontre qui… Car si le groupe des surréalistes (8) permet à Dali d’élever l’introspection au rang de méthode (ce qui le fera aboutir à sa méthode paranoïaque critique) et de très naturellement s’inscrire dans une révolution culturelle, l’artiste espagnol est sans doute d’emblée plus surréaliste que les surréalistes et le restera sa vie durant. Il sera d’ailleurs, à force de vouloir repousser les limites toujours plus loin (y compris sur le plan politique) « remercié » par la direction du mouvement qui, pour révolutionnaire qu’il soit, ne parvient pas à suivre les délires daliniens.

Enfin, sa rencontre, ou plutôt sa fusion - le terme ne semble pas trop fort - avec l’égérie surréaliste Gala : élément central dans la réussite et dans la structuration de la personnalité dalinienne, elle le réconcilie notamment avec la sexualité.
Taciturne, pragmatique, morbide, perverse certainement, Gala va régler sa vie sur celle de son mari, penser et agir avec et pour lui, en parfaite symbiose. Elle s’acquitte de tous les aspects pratiques (ménage, gestion financière, communication, recherche de procédés artistiques et de mécènes, image médiatique…) laissant à Dali la possibilité de totalement se consacrer à son imaginaire et de vivre dans son monde mental, servant, selon l’expression de Fleur Cowles de « tampon entre lui et le monde, le protégeant de la réalité elle-même ».
Leur amour est intense, total, sacrificiel, exclusif et si Dali doit sans doute à Gala son ascension, il en paiera toutefois le prix plus tard, une fois les sommets atteints, puisque leur relation connaîtra alors le paroxysme de l’amour sadomasochiste : « Quand elle ne vagabonde pas, elle le brutalise, le tyrannise et l’insulte » déclare le Docteur Roumeguère, psychanalyste de Dali (13).

Sa tendance boulimique, insatiable, on l’a retrouve enfin dans son rapport à l’argent. Sa fréquentation puis son intégration (très calculée et organisée) au sein de la Jet set constitueront d’ailleurs la dernière rencontre capitale.
Salvator Dali ou « Avida Dollars » (anagramme conçu par Breton) fut intéressé et ne s’en est pas caché. On peut là aussi penser à l’importante valorisation du Taureau car les natifs de ce signe sont supposés avoir besoin pour s’épanouir de sécurité et de confort tangibles, or, quoi de plus rassurant et apaisant sur le plan physique que de devenir riche ? Pourtant Dali voit aussi et surtout dans le fait de posséder beaucoup d’argent le meilleur moyen de ne pas en être l’esclave et sans doute la possibilité de construire son propre monde douillet, sa bulle (Lune dominante et amas Taureau).

 

Rêve causé par des abeilles

IV. Construire la folie dans le temps et l’espace

Dali se définit lui-même comme « Le prototype par excellence du pervers polymorphe » (4). Si on se fie à ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, il est indéniable qu’une anormalité existe : Les actes de violence, physiques comme psychologiques (sur sa sœur, le médecin de famille, ses camarades d’école ou sa première petite amie) et les comportements absurdes (se jeter du haut des escaliers, s’automutiler) se multiplient ; mais sont-ils pour autant gratuits et vraiment inexplicables ? Il a été dit en introduction que la carré de Saturne aux planètes en Taureau évoquait un potentiel de colère et d’agressivité difficilement contrôlable, ne peut-on voir alors dans chacun de ses méfaits une façon de s’affirmer, de tester sa puissance, de crier à la face du monde « j’existe et il faudra bien faire avec ! » ?

Dali était peut-être en effet un pervers narcissique avec de fortes tendances sado-masochiste (9). Soit. Etait-il fou pour autant comme il se plaisait à le revendiquer constamment ?

Si on entend par « fou » une personne désorganisée et incapable de se percevoir et de percevoir la réalité de façon lucide, alors, incontestablement, Dali était bien loin d’être un fou. On pourra toutefois supposer qu’il a réussi à « échapper » à la folie tout en s’en rapprochant suffisamment pour nourrir son inspiration, atteignant les couches les plus reculées de son inconscient (Lune carré Neptune XII) sans pour autant tomber dans le gouffre du non-retour. Gala y aura été pour beaucoup, c’est certain.
Quant à sa perception toute spécifique du facteur Temps (Soleil carré Saturne), elle est aussi remarquable.

Un de ses tableaux les plus célèbres (persistance de la mémoire) représente des montres molles. La métaphore est claire : le fantasme d’un temps malléable, que l’on peut modeler à son gré, distordre. Mais on est là dans le fantasme car la vie de Dali est bel et bien, elle, réglée comme une horloge : lever, coucher, travail, voyage et même relations sociales relèvent d’un calendrier rigide, d’un emploi du temps bien arrêté qui assure à l’artiste une sorte d’assise psychique, de rail mental l’empêchant de se perdre dans les méandres de son propre subconscient.

Car aussi étrange soit l’esprit de Dali, il reste structuré sur des valeurs Taurines, valeur tendant vers la stabilité : si son imaginaire (Lune dominante, ascendant Cancer) l’amène aux frontières de la raison, l’espagnol reste toutefois les quatre sabots bien plantés au sol et sait revenir à ses repères (son enracinement à la terre natale en est un exemple).

Si une partie de lui (Lune carré Neptune) méprise la réalité, l’autre (Amas Taureau) cultive le pragmatisme, l’idée fixe, l’habitude rassurante, le lieu coutumier.
Loin de renier ses racines et le cadre de son enfance bourgeoise, il  refuse de s’installer à la capitale, sait combien il est vital pour lui de garder son port d’attache originel car il s’en sert comme de béquilles (un symbole récursif de son œuvre) pour explorer les tréfonds de son âme tout en gardant une solide assise dans le réel : Le Taureau perd en effet facilement ses repères quand il connaît l’exil et Dali sait qu’il ne peut se le permettre, que cela serait le pas de trop dans son voyage fantasmagorique.
Une partie de son génie ne se trouverait-elle pas justement dans ce précaire équilibre mental qui fait de Dali le plus illustre des fous raisonnables ?

 

Galarina

VI. L’artiste Polymorphe

Dali était un génie et même un génie polymorphe, touche à tout, à la manière d’un Leonard de Vinci qu’il admirait tant.
Sur le plan créatif évidemment (inventeur, concepteur de bijou, illustrateur, scénariste, caricaturiste, écrivain, critique, conférencier…), mais aussi des affaires puisqu’il parvint à séduire les plus hautes couches de la société et fut même un temps, l’anecdote est suffisamment amusante pour être relevée ici, financé par un groupe de mécènes se faisant appeler le groupe du zodiaque (14).  Virtuose de l’adaptation enfin puisqu’il a su rester au pinacle de la gloire presque quarante ans durant, absorbant et transcendant tout à tour chaque mode (15) et chaque avancée scientifique (16).

Son omniprésence médiatico-artistique s’estompe à partir de la fin des années soixante-dix et les sept dernières années de sa vie sont tragiques : atteint de la maladie de Parkinson qui lui fait lentement perdre le contrôle de lui-même - coup du destin on ne peut plus ironique - il sombre dans des penchants suicidaires après la mort de Gala (1982) mais est finalement emporté, en 1989, par une crise cardiaque.

Dali restera pourtant un des artistes les plus connus et appréciés du siècle par ce qu’il a su plonger au coeur de notre inconscient, dérangeant suffisamment pour susciter la réflexion, mettant en lumière pour mieux les dompter les penchants les plus sombres et les plus viscéraux de sa psyché et de la psyché collective. Car Dali, lunaire dissonant par excellence, a su dépasser la folie et la morale pour s’adresser directement à nos instincts, nos pulsions, nos fantasmes.

(1) : in Pensées et anecdotes. Dali. Le cherche midi éditeur. 1995.
(2) : in L’ensorcellement du monde. Boris Cyrulnik. Odile jacob.1997.
(3) : « Tous mes efforts, chaque jour, et depuis toujours, visent à une seule chose : réussir à être Dali » (pensées et anecdotes, op. cité précédemment)
(4) : Définition que Dali fait de lui-même. Ididem.
(5) : in Dali dans son labyrinthe. Henry-François Rey. Editions Grasset. 1974.
(6) : in Journal d’un génie. Editions de la Table ronde. 1964
(7) : Court-métrage onirique de 1929 dans lequel on retrouve nombre d’éléments récurrents dans l'œuvre de Dali: âne mort, piano, érotisme, fourmis… Ce film est la première œuvre cinématographique à proprement surréaliste.
(8) : Entre autres : Breton, Aragon, Eluard, Magritte, Char…
(9) : « Chez ces pervers, le narcissisme est précocement et répétitivement blessé, la position perverse pouvant être considérée comme contre-dépressive (…) L’autre étant vécu comme dangereux [pour la construction de la personnalité], il est chosifié, on projette sur lui les souffrances et douleurs internes. Pour lui ; toujours en quête de reconnaissance, l’autre n’existe que comme miroir. C’est un autre  dont il n’a de cesse de vampiriser la libido, l’identité : il prend mais ne donne pas ». In Les perversions sexuelles et narcissiques de Pirlot et Pedinielli. Editions Armand Colin. 2005.
(10) : La vie secrète de Salvador Dali (par lui-même). Editions de la Table ronde. 1952.
(11) : Pour ne citer que les premiers : cuisinière, glace, manger, délices, viande, champignon, raisin, midi, huile, rognon, mayonnaise, repas etc.
(12) : Dali, la vie d’un grand excentrique. Fleur Cowles. Editions Julliard. 1961
(13) : Cité par Robert Goff, page 110 de Salvator Dali. Editions de La Martinière. 1998
(14) : Parce qu’ils étaient douze, chacun subventionnant Dali un mois de l’année en échange de toiles.
(15) : Profitant du souffle libertaire hippie visant à la libération des moeurs, Dali réunit autour de lui, dans les années soixante, la cour des miracles, groupe de fans hétéroclite organisant avec lui des « spectacles psychosexuels ».
(16) : la vulgarisation des théories d’Einstein lui inspirèrent des considérations mystiques et nucléaires illustrées par des tableaux comme « Gala aux sphères » (1952) ou « Désintégration de la persistance de la mémoire » (1954), deux essais de décomposition atomique de l’image. En fin de vie, il s’intéressera aussi aux hologrammes.

- Le fond du thème est un détail des Eléphants

Bibliographie sélective :

- Dali, la vie d’un grand excentrique. Fleur Cowles. Editions Julliard. 1961
- Dali dans son labyrinthe. Henry-François Rey. Editions Grasset. 1974.
- Salvator Dali. Robert Goff. Editions de La Martinière. 1998
- Journal d’un génie. Salvator dali. Editions de la Table ronde. 1964
- Pensées et anecdotes. Salvator Dali. Le cherche midi éditeur. 1995.
- La vie secrète de Salvador Dali (par lui-même). Editions de la Table ronde. 1952.

 

Tous droits réservés Philippe REGNICOLI
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