III. Grandeur et décadence Le château de Neuschwanstein fera partie d’une longue liste d’autres constructions, toutes plus fastueuses les unes que les autres (le château de Linderhof et d’Herrenchiemsee, entre autres). Il est à noter que la plupart de ces édifices possèdent une grotte factice creusée dans la pierre (voir ci-dessous, la grotte de Linderhof baptisée grotte de Vénus !) où Louis II vient souvent se réfugier. L’agencement et l’aménagement de ces diverses et grandioses structures vont alimenter une mégalomanie croissante, vider les caisses du pays et éloigner chaque jour un peu plus le peuple de son souverain. Cette mégalomanie de la construction est sans nul doute imputable à Neptune/Cérès/Mars/saturne culminant.  Cette folie des grandeurs n’à finalement, chez le roi, jamais cesser de prendre le pas sur sa vie de monarque et sur ses obligations gouvernementales. L’homme est plus que jamais épris de nature et de solitude (Le château de Neuschwanstein n’est d’ailleurs édifié que pour assouvir sa soif d’isolement et de retraite). Parallèlement, sa sexualité qu’il considère inavouable, est devenue le sujet de troubles psychologiques profonds chez le personnage : Saturne, maître de VIII, conjoint Mars et carré Jupiter signe dès la base des difficulté dans l’expression naturelle, spontanée des instincts. Il culpabilise de n’avoir pas pu donner un héritier au trône, il a tout à fait conscience que son peuple lui tient rigueur de se fait. Dans son esprit, c’est toujours une lutte perpétuelle entre ses désirs et ses obligations qui ne font décidément pas bon ménage. Cette lutte contre lui-même va progressivement le miner et notablement favoriser son déséquilibre psychique. Malgré son âge (il a 25 ans en 1870), il continue (et continuera jusqu’à sa mort) à tenir son journal intime, y révélant ses états d’âme, laissant ainsi entrevoir ce que l’on nommerait aujourd’hui, une schizophrénie grandissante.  Salle du trône Pendant ce temps, la Bavière connaît de graves crises politiques et économiques mais Louis II ne s’en soucie que peu, continuant à déléguer ses pouvoirs à son gouvernement. Il ne prend d’ailleurs, plus la peine de se rendre à Munich, ne fut ce que pour faire acte de sa présence. Pourtant, une grande partie de son peuple et de ses sujets continuent de lui accorder leur pleine confiance, estimant que son esprit pur et sa vision lucide des choses fait de lui le meilleur des souverains qu’un peuple puisse espérer. Néanmoins, Louis II passe le plus clair de son temps à occuper ses divers châteaux, vivant le plus souvent la nuit, faisant donner des représentations musicales et théâtrales pour lui seul, ne supportant que la présence de certains de ses « favoris ». Son besoin d’isolement est si grand qu’il fait installer une table montée sur poulies et tirée par des cordages afin de prendre ses repas en solitaire à l’étage supérieur sans avoir besoin de côtoyer les gens de sa cour, restés au niveau du sol. Il entretient de longues conversations avec des personnages disparus (Louis XIV ou Marie-Antoinette, entres autres). Louis II vit de plus en plus dans son monde, celui où personne n’a le droit de pénétrer (La lune en Gémeaux nous parle de l’environnement, de l’entourage du natif mais elle est ici en XII, maison de réclusion et de solitude). Le 13 février 1883, la mort de Richard Wagner le plonge dans une torpeur sans précédent. Il vient de perdre son seul et unique ami. Il pourvoira à lui donner de somptueuses funérailles, sans toutefois y assister physiquement, sa peur panique de la foule s’étant aggravée avec le temps. Cette date correspond au second retour des Noeuds lunaires dans le thème natal de Louis II, preuve d’un nouveau grand tournant de son existence, d’autant que ce retour s’accompagne du transit de Neptune et de Saturne sur le Noeud Sud. En parallèle, Saturne est carré à lui-même évoquant la grande insécurité, la privation ainsi que l’état de déprime dans lequel Louis II a pu se trouver. |