II. Symbolique des fêtes celtiques Samonios L'accès à l'autre monde se fait aux "temps de Samonios"... Ce qui implique qu'il faut être à ce moment là, dans la Lune de novembre (la 11è lune). Etre dans la lune d'un mois signifie, pour les Celtes, être 3 jours avant la pleine lune, le jour de la Pleine Lune, et 3 jours après. Vous pourrez découvrir Samonios sous diverses appellations : - Shadowfest (fêtes des ombres) - Martinmas - Old Hallowmas (Ecossais,Celte), Hallowe'en, Hallowmas, All Hallow's Eve (qui veut dire Veille de la Toussaint), Halloween - Jour des Morts, Fête des Esprits, Troisième récolte, Samain, Samhain, Veille de Toussaint -Nouvelle année celte, Tir-na-Nogh'th (gaélique), Samhuinn, Samain, Hiver celte, Samana, Festival de Pamona, Vigil of Saman, Vigil of Todos, Santos, veille de novembre, fête des pommes... Samain signifie réunion, rassemblement. C'est la fin de l'été, le commencement de l'hiver, la dernière récolte. On engrange la nourriture,on ramène les troupeaux, on ne vit plus à la lumière du soleil mais à la lueur du feu du foyer en écoutant les conteurs de la veillée. Marie des Bois dans S comme Sorcière nous dévoile l'ambiance unique de ce jour sacré : « Halloween est la « Nuit des sorcières », vibrant de tous les sortilèges. Les Dames de pouvoir se mêlent à la nuit, les secrets affleurent, les deux mondes se mêlent. Samain, tout s'embrume, le royaume des ombres s'ouvre. L'Esprit des Anciens va féconder celui des vivants. Les Dieux sortis des tertres ou des étoiles vont s'unir aux filles des mortels et régénérer la race des humains. Samain, 40 jours après l'équinoxe d'automne, début de la saison sombre, aux longues Nuits animées par les Feux de sortilèges et de mémoire...» Imbolc Connue aussi sous les nom de : Oimealg (ou IM-mol'g), Chandeleur ou Candlemas, Imbolg, le Jour de Brigid, Sainte Lucie, Fête de Brighid, Oimealg, Imbolgc, Brigantia, Imbolic, Disting (Teutonique, 14 février), Lupercus, Candlelaria, Lupercallia , La Fête des Lumières, La fête de la Vierge, Fête de Pan, Fête des Perce-neige… En fait, ces noms ne relèvent pas tous de la même fête mais ils sont assez proches dans la période. En soi, Imbolc est une fête celtique très ancienne sur laquelle nous n'avons que très peu d'informations. La fête irlandaise d'Imbolc (le 1er février - soit le mois d'Anagantios selon le calendrier de Coligny) a pour sens étymologique « lustration », il s'agit donc d'une purification qui prend place à la fin de l'hiver, à l'équinoxe. Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité. En Irlande, la célébration de sainte Brigitte, à cette date, conduit à penser qu'Imbolc se déroulait sous le patronage de la déesse préchrétienne Brigit. De fait, de nombreuses fêtes peuvent être en rapport avec Imbolc, mais le folklore des campagnes s’étant intimement confondu au christianisme, il est très difficile de retrouver les coutumes antiques originelles. Les fameuses croix de Brigit ou Brigid par exemple, pourraient bien être d'origine chrétiennes. La plupart des habitudes, et rituels liés à cette date sont familiaux et liés à la vie communautaire du village (faire du beurre, garder du lait etc.). Ceci donne à la fête de Sainte Brigitte l'aspect d'une fête agraire qui serait donc celle de la troisième fonction de la société celtique : la fonction productrice (agriculteurs etc.). Il est difficile de savoir si cette fête était à la fois agraire et sacerdotale. Beltane Beltane est un des sabbats majeurs de la tradition païenne. On l'appelle aussi : Fête du premier mai, Veille de mai, Roodmas, Nuit de Walpurgis, Cethsamhain, Whitsun ou Old Bhealltainn, Bealtinne, Walburga, Eté celte. Elle était fêtée lors de la première floraison de l'aubépine. Contrairement à Samonios, Beltane n'est pas une fête mettant à l’honneur l’une des trois fonctions de la société celtique. C'est une fête sacerdotale. Beltane, Belteine ou Beltaine est la fête du feu et de la lumière. Bel signifie « brillant » et fait certainement référence à Belenos et Belisama, le divin couple de lumière gaulois. Tous deux représentent la jeunesse, le soleil et le feu. « Teine » signifie d’ailleurs feu. De fait, nous sommes en présence d'une fête rituelle en l'honneur du renouveau de la lumière rayonnante, la victoire du jour. Nous entrons dans la partie claire de l'année qui durera jusqu'à Samonios. Cette fête est attestée en Irlande mais aussi en Gaule. Le Feu de Bel est un feu bénéfique. Les druides le créaient par leur magie et leurs incantations. Et il était d'usage en Irlande de faire passer les troupeaux de bétail entre deux feux pour qu'ils les protègent toute l'année. Ceci ne fait pas pour autant de Beltane est une fête agraire car le bétail était au centre de la vie celtique et cette coutume ne semble être qu'un détail. On suppose que la célèbre assemblée des druides dans la forêt des Carnutes, attestée par César dans La guerre des Gaules, se tenait à l'époque de Beltane. Une bonne période pour faire le point sur les objectifs de la période claire... Le Feu de Beltane est un feu puissant, sacré et celui qui l'allume est une personne de pouvoir. Sa fonction est loin d'être anodine... « Belteine est l'exaltation du feu, élément druidique par excellence. Nous verrons volontiers dans Bel(enus) un surnom de Lug vu dans son aspect de lumière, opposé symétriquement au Lug de Samain préparant dans la chaleur et la lumière des festins, à l'hiver et à l'obscurité, opposé aussi au Lug de Lugnasad, vu dans son aspect de roi suprême faisant bénéficier les hommes de la fécondité de la terre et des troupeaux. » (Les fêtes celtiques de Guyonvarc'h et Leroux) Beltane est aussi la période de prédilection pour les rites de passage entre les périodes froide et chaude, entre l'obscurité et la lumière, entre la mort psychique symbolique et la re-naissance spirituelle. Peut-être que les rites anciens d'enfermement dans les chambre des dolmens se passaient durant la nuit de Beltane. Cela demeure une excellente manière de faire l'expérience du passage. De génération en génération, le folklore s'est emparé de Beltane comme des autres fêtes celtiques et il en reste quelques usages : danser autour d'un mât de mai (un grand poteau planté dans le sol, symbole phallique, avec des rubans de toutes les couleurs attachés en son sommet, chaque participant tourne autour du mât avec un ruban dans la main), pratiquer la divination, rituels de protection des maisons, cueillettes de plantes (notamment les orties), sauter au-dessus des feux pour s'assurer bonheur et fertilité etc. Le peuple évitait les lieux « fréquentés » par les fées et autres créatures du Petit Peuple. Peut-être parce que le voile entre leur monde et le nôtre, est plus fin lors de la nuit de Beltane. De manière générale, Beltane est une « fête de changement du rythme de vie.Du rythme hivernal on passe au rythme estival » (ibidem) La fête marque ce passage tant physiquement que spirituellement. A chacun de gérer cette période de son mieux.  Lughnasad Lughnasadh ou Lugnasad se fête le jour de la maturité de tous les fruits. Le sens étymologique du terme est « assemblée de Lug ». C'est une fête dont on a très peu de sources Gauloises, de fait nous sommes obligés de nous tourner vers l'Irlande, une fois de plus. Et là, les sources sont très pertinentes. Lugnasad était une fête en l'honneur de la Déesse Tailtiu qui représentait la Terre-Mère en Irlande, l'Irlande elle-même mais en tant qu'Omphalos (le nombril du monde, le point de l'espace où se rejoignent le ciel et la terre, les morts et les vivants, mais aussi où s'annihile le temps). La souveraineté féminine de l'Irlande est ainsi mise en évidence, comme c'est souvent le cas. C'est Lug en personne qui fut le promoteur de la fête en l'honneur de sa nourricière. Celle-ci est morte pour assurer la pérennité de son peuple et chaque fête lui permet de « revenir » pour maintenir la richesse matérielle. Pour célébrer cette fête, les jeux étaient à l'honneur, des jeux funèbres en l'honneur de la Mère de Lug. Les richesses doivent être exposées : or, argent, jeux, musique etc. On faisait aussi des concours d'éloquence, le tout dans la bonne humeur (pas de querelles, l'amitié devait prévaloir avec l'honnêteté, la légèreté). La magie noire était interdite également. Lugnasad était une fête obligatoire (sous peine d'orgueil et de vieillissement prématuré mais pas de mort comme pour Samonios), divine, perpétuelle, royale garantissant la paix et l'abondance. Les druides y assistaient en faisant des concours de rhétorique et de sciences dans un esprit de coopération, les guerriers aussi mais pas à cheval et en paix, et enfin le peuple des agriculteurs, respecté pour sa fonction utile à la royauté et au bien-être de chacun. En transposant cela pour la Gaule celtique, la fête peut tout à fait demeurer une fête en l'honneur de notre sol et de la Terre-Mère (sans son aspect de fertilité dévolu ici au roi) tout en fêtant la souveraineté de son Fils Lugus, un des Dieux les plus importants du panthéon celtique gaulois également. Voici un petit tour bien court de nos fêtes traditionnelles celtiques, celles que nos Ancêtres ont du fêter en transmettant leur tradition. L'organisation des années celtiques était très complexe et montrait à quel point ils étaient détenteurs d'un savoir dont nous aimerions bien retrouver la sagesse aujourd'hui... Fêter les premiers rayons de soleil à Imbolc peut nous parler infiniment plus que l'équinoxe qui arrive bien après les premières chaleurs. Samonios est bien souvent le début des froids. Grâce à l'ancien Calendrier Gaulois de Coligny, on connaît aussi l'importance des astres dans le cycle du temps celtique. |