II. Eastwood, l’homme et les rôles Comme presque toujours, on va voir que l’homme et l’acteur, ou encore l’homme et ses rôles, se confondent puisqu’il nous apparaît que le travail d’acteur consiste non seulement à exprimer une partie de soi mais aussi participe intimement aux expériences karmiques auxquelles sont prédestinés les acteurs : Il est certain que chaque acteur a des prises de conscience majeures en « interprétant » un rôle puisqu’il peut se glisser quelques semaines durant dans la peau de celui qu’il aurait pu être, du moins à partir du moment où il est suffisamment célèbre pour choisir ses rôles. (Et il ne faut pas douter que ces choix n’ont rien d’aléatoires et correspondent à une réalité de l’être mais on voit souvent également que les rôles « alimentaires » fait en début de carrière sont directement liés au karma) La carrière de Clint Eastwood commence par de petits rôles dès 1955 dans des différents petits films réalisés notamment par Jack Arnold et Arthur Lubin (Saturne transit alors son Ascendant. tandis que Pluton transite son MC). Mais sa carrière va véritablement être propulsée par le désormais classique « Pour une poignée de dollars » en 1966 et par Sergio Leone qui avait remarqué Clint dans un film de son compatriote Pasolini, Le streghe. A ce moment, Neptune, première dominante dans le thème de l’acteur, transite longuement son Ascendant en Scorpion, lui conférant une sorte d’aura irrésistible. Par ailleurs, on notera que Neptune représente le lointain, les pays au-delà des mers natales et il ne faut donc pas s’étonner que la carrière de Clint est débutée loin de chez lui, ce qui est très souvent le cas pour les personnes ayant Neptune en X. Ce premier grand rôle (pourtant dans un film qui aurait pu rester confidentiel sans un véritable succès populaire) semble coller à la peau de l’homme qui l’interprète : Incarnant un étranger mystérieux n’ayant pas même de nom et semblant tout droit venu de nul part, sorte de Deus ex machina, le rôle de Clint est à la fois celui d’un sombre desperado (Mars) et d’un missionné divin (Neptune) qui va faire « le ménage » parmi deux bandes de gangsters plus méprisable les uns que les autres. Quant à la dualité de cette double nature, elle est évidemment toute mercurienne. « Pour quelques dollars de plus » et « Le bon, la brute et le truand » suivent dans les deux ans, campant plus intensément encore le personnage sybillin qu’a crée Eastwood. Car l’acteur s’est bel et bien investi dans ce rôle : Il est à l’origine du costume, du cigarillo mais surtout du tempérament tout à la fois taciturne, stoïque et ironique de son personnage à propos duquel il déclarera dans un interview : « Mon rôle était beaucoup plus fort dans le silence et je percevais Joe avant tout comme quelqu’un qui observe jusqu’au bon moment pour tuer ». Exemple magistral s’il en est d’une interprétation Neptuno-Martienne, mélange de réceptivité et de violence, d’action et de passivité. Mais l’interprétation va au-delà puisque le personnage de la trilogie, bien qu’ayant apparemment des motivations égoïstes et des manières d’assassins n’arrivent pas à être détesté par le public qui, bien au contraire, va être totalement fasciné par ce curieux mélange de froideur, de bonté et de cruauté. On retrouvera d’ailleurs ce mélange propre à Eastwood quelques temps plus tard avec la série des « Inspecteur Harry » où il joue un flic irascible, teigneux (en un mot martien au sens le plus négatif) et pourtant prêt à tout pour sauver la veuve et l’orphelin (et en cela Neptunien). Mais c’est sans doute encore dans « Pale Rider » (1985) que l’étrange personnalité issu de l’homme Eastwood rejaillit avec force : Incarnant un prêtre mystérieux venu de nulle part (ce qui est typiquement Neptunien puisque la planète gouverne les ecclésiastes), « le prêcheur » vient accomplir une meurtrière vengeance (concept à la fois Scorpion et Martien), sauvant au passage une communauté de pauvres gens. III. Eastwood, ses réalisations et les astres Le passage d’Eastwood derrière la caméra ne va pas changer la ligne directrice de l’homme, sa conception des choses, son ressenti profond mais va illustrer d’autres facettes de lui-même. Son coup d’essai, vite transformé en coup de maître, se fait avec « Bird » en 1988, une biographie de Charlie Parker, le Jazzman. Rappelons simplement ici que les deux grands groupes humains représentés par Neptune sont les ecclésiastes et…les musiciens ! Rappelons également qu’Eastwood est lui-même pianiste et compositeur. Puis la consécration vient avec « Impitoyable » en 1992 et « Un monde parfait » l’année suivante. Dans les deux cas on a affaire à des héros brisés par la vie, devenus des marginaux non pas tempérament mais par obligation. La philosophie des deux longs métrages tend vers une même idée : celle de la rédemption, du dépassement de sa propre douleur et de la violence.  Dans le premier cas, un ancien mercenaire doit reprendre du galon pour subvenir aux besoins de ses enfants. Il est veuf, désespéré, c’est un exclus. Pourtant, il va se retrouver à défendre plus malheureux que lui en prenant pour mission de défendre une troupe de prostituées. Dans le second cas, un évadé de prison marqué par une enfance traumatisante va s’attacher sans le vouloir à l’enfant qu’il prend en otage. Quelle plus belle démonstration d’une sagesse Neptune/Mars ? Si toute la misère, la déchéance du monde peuvent être signifié par Neptune (représentant les prisons, les hôpitaux, la folie par son analogie avec la maison XII) et si toute la violence du monde peut être imputé à Mars maléficié, alors, il existe pourtant un échappatoire, une façon de dépasser tout cela, d’aller au-delà et de trouver le bonheur en se dévouant aux autres, en sauvant autrui pour se sauver soi-même. La violence existe, on ne peut pas la nier mais on peut la dépasser. Leçon typique d’une Neptunien teinté de valeurs martiennes. Un entité distincte apparaît donc tout au long de la carrière de Clint, issu des tréfonds mêmes de son âme, c’est celle d’une sorte de messie vengeur utilisant la violence pour combattre l’injustice et le sacrifice personnel pour combattre l’inexorable. Plus récemment (2003), le film « Mystic River » reprend encore une fois ce thème à travers l’histoire d’enfants traumatisés qui, arrivés à l’âge adulte, se noient dans l’idée d’une vengeance stérile. Citons également, en marge du reste, des films comme « Sur la route de Madison » (parfaite illustration du romantisme idéaliste et hypersensible neptunien) ou encore un fil plus léger comme « Space Cowboy » puisque Neptune est aussi la planète gouvernant les astronautes ! |