III. L’aspect Mythologique « Le Jupiter astronomico-astrologique est entouré de quatre de ses amants mythologiques, dont deux figures féminines hétérosexuelles (Io et Europe), un personnage masculin homosexuel (Ganymède) et une nymphe à tendance lesbienne (Callisto) ». Je vous ferai grâce d’un énième résumé de la théogonie d’Hésiode, les détails de l’accession au pouvoir de Zeus se retrouvant facilement partout. Non, nous allons nous concentrer sur une caractéristique bien particulière du Zeus mythologique, particulièrement émoussée lorsqu’il est question d’astrologie : son tempérament érotique ! Ne protestons pas : plus de la moitié des récits dont il est le protagoniste (toujours satisfait) sont des aventures amoureuses, et il faut bien convenir avec Hésiode que l’Amour (Eros), « le plus beau des Immortels, triomphe sur la sagesse et la prudence de tous les êtres, tant humains que divins ». Revenons par contre au moins brièvement sur les épisodes mythologiques relatifs à ces quatre personnages mythologiques. Le premier satellite est nommé d’après Io, une jeune fille dont Zeus s’éprit instantanément et dont il exigea en rêve qu’elle se livrât à lui immédiatement. Io obtempéra sans discuter, mais l’événement déclencha bien sûr la colère d’Héra (lorsqu’elle l’apprit). Cette colère ne pouvant pas se retourner sur celui qui la causait, c’est Io qui en subit les frais. Pour la protéger, Zeus toujours attentif, la métamorphosa en génisse, histoire de déstabiliser sa divine épouse. Celle-ci manigança pour se la faire offrir en cadeau, puis la fit garder par Argos aux cents-yeux, ce que Zeus trouva du dernier malcommode pour lui rendre visite. Assez naturellement, il la fit délivrer par Hermès. Re-colère d’Héra qui précipite un taon qui la pique et la repique au long d’une épique traversée où on la suit à la trace de la mer « io-nique » au Bosphore (passage de l’animal bovin), jusqu’en Egypte où elle s’arrêta pour accoucher d’Epaphos. On dit qu’après une dernière péripétie en Syrie, elle se fixa près du Nil et puis changea son nom plus tard, devenant mieux connue sous celui d’Isis… Autre aventure de Zeus qui a suscité une large iconographie : la séduction d’Europe. Europe était une princesse phénicienne pour laquelle il éprouva une grande passion (une fois qu’il l’eu vue au bain). Utilisant encore une fois le bon vieux truc de la métamorphose qui marche toujours si bien, il se changea en taureau blanc d’allure amicale. De ce fait, Europe charmée par la douceur de son pelage, passa des guirlandes autour de son cou et grimpa sur son dos, dont elle ne put descendre… avant son arrivée en Crète ! En effet, dès la jeune femme installée, Zeus tauréfié s’empressa de traverser toute la Méditerranée à la nage – ce qui n’a nullement calmé ses ardeurs puisque sitôt arrivés, il l’aima sur le champ… (ou la plage, comme vous voulez). Lorsqu’elle accoucha de trois enfants (Minos, Sarpédon et Rhadamante), Zeus ne la laissa pas tomber et s’empressa de lui trouver une respectable situation. Il demanda au roi de Crète Astérion qui n’avait pas de descendance d’épouser Europe et de légitimer ses enfants en les déclarant siens, ce qu’Astérion accepta gentiment. Lorsque ce dernier mourut, son fils Minos le légendaire fondateur de la dynastie minoenne prit sa succession. Troisième légende qui démontre la grande ouverture d’esprit de Zeus en matière de sexualité. Il éprouva en effet une forte attirance pour le jeune prince troyen Ganymède dont il voulu faire son échanson attitré en remplacement de sa fille Hébé, qu’il trouvait maladroite et susceptible (un peu comme sa mère sans doute…). Pour y parvenir, il dépêcha un aigle l’enlever et l’emporter sur l’Olympe où il exerça dès lors son office de « verseur » d’ambroisie. L’une des allégories les plus connues de la constellation du Verseau. Dernier épisode, celui de la plus belle d’entre les nymphes, Callisto. Cette dernière faisant partie des suivantes d’Artémis plutôt connues pour dédaigner les charmes masculins, Zeus dut faire preuve d’inventivité pour parvenir à ses fins, et ne trouva rien de mieux que de prendre l’apparence d’Artémis elle-même. Résultat pour Callisto, lorsqu’elle se trouva enceinte : non pas une, mais deux déesses furieuses aux trousses (Artémis et Héra). Toujours délicatement concerné, Zeus intervint et transforma Callisto en ourse. Lorsque son fils Arcas devenu grand, et chasseur, poursuivit sa mère (sans la reconnaitre) jusque dans son temple, cet acte était une grande profanation. Pour éviter leur mort à tous les deux, le Seigneur de l’Olympe conscient de sa responsabilité les transforma en constellation, respectivement la Grande Ourse et le Bouvier (L’auteur ajoute que l’étoile principale Arcturus évoque le lien symbolique avec le mythe : Arctos = ours). A présent, il est temps de souligner un peu plus fermement les « troublantes coïncidences » entre la mythologie et l’astronomie. On peut se demander par exemple comment les anciens ont eu l’idée de donner le nom du plus grands des dieux à la plus grosse planète du système solaire. En effet, on ne peut pas dire qu’il leur a suffit de comparer la taille et de faire un parallèle évident. Nos systèmes de mesure actuels nous disent que Jupiter est le plus volumineux et qu’il a tout une cour qui l’entoure, mais qui l’a dit aux Grecs qui ne le voyaient que comme une étoile un peu moins brillante que Vénus ? Si l’on prend ensuite la légende d’Io, « tourmentée, dévorée d’abcès consécutifs aux piqûres du furieux insecte envoyé par Héra » on peut noter que la « peau » du satellite est couverte de volcans, qui expulsent en permanence lave, gaz et souffre en formant autour de Jupiter un « anneau ionique » (ça ne s’invente pas)… Dans le cas d’Europe dont toute l’histoire tourne autour de la mer Mediterranée et qui finit ses jours sur une île, et par donner son nom à tout un continent, elle se rapproche plutôt bien d’un satellite vraisemblablement couvert d’un grand océan et pouvant receler la vie. Le parallélisme est moins facile pour Ganymède, l’échanson olympien, le seul facteur qui soit troublant réside dans son magnétisme puissant, tandis que le 11e signe du Zodiaque qui fait référence symboliquement à Ganymède, est censé régir les phénomènes électro-magnétiques en général. Pour terminer, la cristallisation figée du satellite Callisto rappellerait la fixation définitive de la nymphe comme constellation du cercle polaire boréal, en Grande Ourse brune. |