II. Le système jupitérien : des planètes-lunes sur des orbites régulières Nous l’avons dit, Jupiter n’est pas le seul à disposer de nombreux satellites, mais il est le seul à mener tout ce beau monde en si bon ordre. Et l’on dirait juste que « tout se passe comme si, dans le système solaire, une seconde étoile plus petite et plus froide que la première, conservait son propre système ». Comparons les dimensions des deux systèmes : SYSTEME JOVIEN | SYSTEME SOLAIRE | Corps | Diamètre | Corps | Diamètre | Jupiter | 143 000 km | Soleil | 1 350 000 km | Io | 3 600 km | Mercure | 4 880 km | Europe | 3 000 km | Vénus | 12 050 km | Ganymède | 5 280 km | Terre | 12 740 km | Callisto | 4 800 km | Lune | 3 475 km | Amalthée | 260 km | Mars | 6 850 km | Autres points de ressemblance. On a relevé également que les orbites des satellites de Jupiter connaissaient une distribution régulière dans l’espace, tout comme les planètes par rapport au Soleil. Les satellites joviens les plus proches de Jupiter sont les plus denses, les plus légers se trouvant à la périphérie de son système. Et les plus proches sont également ceux qui ont une activité géologique très marquée. Io, le satellite le plus proche de Jupiter est remarquable par son très intense volcanisme, tandis que Callisto n’en a pas. Plus on s’éloigne de Jupiter et plus c’est calme… Ce qui est notable et différent du Soleil, c’est la façon dont la planète réchauffe ses satellites. Non pas en les baignant directement dans son flux énergétique, mais en produisant des « marées gravitationnelles ». Ainsi les trois des satellites galiléens qui sont en résonance avec Jupiter sont pour ainsi dire « chauffés de l’intérieur » sous l’effet de son champ gravitationnel et de leur alignement de résonance. Avant de passer à quelques aperçus mythologiques, il nous faut dire quelques mots sur ces satellites et leurs données astronomiques. IO est plus grande que la Lune et c’est le premier satellite. C’est un astre rocheux doté d’un incroyable volcanisme qui en fait l’un des points les plus chauds du système solaire après le Soleil. Ce volcanisme est causé par les marées telluriques activées par la présence de Jupiter mais aussi d’Europe et Ganymède, ses voisines. Elle n’est pas sans faire penser à un enfer de tons chauds : rouge orangé, jaunâtre, bruns, lacs brûlants de souffre en fusion alternant avec d’autres froids et « vénéneux » car composés d’anhydrides sulfureux. Un lieu où il ne fait pas bon vivre… EUROPE est le plus petit des galiléens, mais c’est l’un des plus courtisés, convoités et observés depuis que la communauté scientifique subodore la présence d’eau (liquide) sous sa couche de glace crevassée. Lorsqu’en 1997 elle a annoncé que la vie aurait bien pu y être possible dans la mer sous-glaciaire, cela a fait l’effet d’une bombe. GANYMEDE est le plus gros des satellites, mais il est plus léger que les autres car il revêt une épaisse écorce de glace. Il dispose aussi d’une géologie un peu agitée (moins que les autres toutefois) mais se différencie toutefois par un très intense champ magnétique. CALLISTO, moins dense et plus petite que Ganymède semble essentiellement faite de composés glacés et il n’y a plus aucun mouvement intérieur : trop éloignée de Jupiter, la force de ses « marées » ne l’atteignent plus. En réalité, c’est précisément cette forme d’atonie cristallisée qui intrigue les scientifiques, qui imaginent qu’elle conserve ainsi toutes les traces et vestiges des impacts de météorites ou astéroïdes qui ont pu la toucher… depuis le début de son histoire. |